Candidats Front National

L’espérance bleu marine !

Oh ! Les jolis candidats. La campagne pour les départementales bat son plein et avec elle les tracts de propagande inondent nos boites-aux-lettres, dont la mienne. Dans le sens de la lecture, j’ai au menu : le Front de Gauche, le PS/Divers Gauche, l’Union de Droite et du Centre et le Front National.

Tous ces tracts ont une chose commune : des candidats locaux, hommes et femmes, et leurs suppléants. Pour tous une déclaration d’intention. Pour tous un CV. Tous, sauf pour le Front National dont le tract ne mentionne que les noms des candidats – sans suppléants – au dessus de leurs portraits détourés grossièrement sur un fond bleu uni. Tous, sauf pour le Front National dont le tract est un message standardisé avec l’effigie de la présidente du parti, Marine Le Pen, en personne.

Où comment placer des marionnettes dans les départements, ces deux candidats et leurs deux suppléants (qu’on découvre en cherchant autrement que sur les documents officiels), étant de simples militants. Je crois me souvenir qu’il n’est jamais bon de mettre tout le pouvoir dans les mains d’une unique personne. En particulier quand on est en République. C’est pourtant ce que des électeurs s’apprêtent à faire ce weekend.

Je reviendrais dans la semaine sur le verso de ce tract dont les arguments sont pour le moins discutables.

Candidats Front National
Candidats Front National

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Moi, censuré par la France pour mes opinions politiques

La France a décidé de mettre en place un système de blocage administratif des sites internet faisant l’apologie du terrorisme. Sur le fond, pas de soucis ; l’apologie du terrorisme est formellement interdit par la loi, à tous niveaux et pas seulement sur Internet, pour des raisons évidentes. En revanche, sur la forme, c’est parfaitement discutable. Le motif en est simple : il y a en France une disposition simple qui est la séparation des pouvoirs. En la matière, il y a d’un côté le législateur qui écrit les lois, de l’autre des juges qui font appliquer les lois. Et entre les deux, un murs parfaitement hermétique pour éviter les abus. Autrement dit, pour éviter les dérives qui mènent à de l’injustice. C’est justement là que nous arrivons aujourd’hui

Pour celles et ceux qui ont suivi l’actualité de ces derniers jours, vous aurez certainement entendu le blocage administratif ordonné par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve qui visent cinq sites. Parmi ceux-ci, islamic-news.info. Pour avoir été faire un tour sur archive.org, je n’ai rien noté de choquant. Et en particulier aucune apologie du terrorisme.

Aujourd’hui, je découvre une lettre ouverte de l’auteur du site, un homme seul dans cette aventure, repris par Numérama et que je reprends à mon tour dans son intégralité. Une lettre qui en dit long sur le risque de ne pas garder cette barrière entre les pouvoirs, nécessaire à la défense de nos libertés fondamentales dans notre beau pays.

Quelle réponse donner au blocage administratif décidé par le gouvernement français ? Dois-je me lancer dans une diatribe stérile contre cet Etat qui se veut le défenseur de la liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’insulter le christianisme et l’islam mais place les verrous lorsqu’il s’agit de s’opposer à sa politique extérieure ? Le choix a été vite fait : je laisse tomber un combat perdu d’avance tout en contestant fermement les accusations. Mais je n’abandonne pas pour autant mon esprit critique.

Pour que mon message soit le plus clair possible, je vais l’articuler en plusieurs points. D’abord lever le voile sur islamic-news.info, ensuite expliquer en quoi la censure est politique.

Le projet Islamic-News

Le site islamic-news.info a été fondé en mai 2013. Je l’ai créé quelques mois après ma sortie de l’université, mon diplôme de droit international public, diplomatique et consulaire en poche. Si j’utilise la première personne pour écrire, ce n’est pas pour rien. Islamic-News.info repose depuis le tout début sur une seule personne. J’ai écrit moi-même la totalité des articles, du premier jusqu’au dernier. Je suis donc le seul responsable et le seul à qui parler pour évoquer islamic-news.info. Aucun groupe, aucune organisation, aucun mouvement n’est derrière le site. Cette précision a toute son importance car elle démontre le mensonge de Bernard Cazeneuve.

En effet, dans un article de FranceTVinfo, Bernard Cazeneuse revenait sur les censures mises en place et déclarait :  « Les cinq premiers sites (dont Islamic-news.info – c’est moi qui cite) sont tous animés par des groupes répertoriés par les services de renseignement et font tous l’apologie du terrorisme. »

Et non monsieur Cazeneuve, aucun groupe n’animait le site islamic-news.info. Aucun groupe ni organisation proche de l’Etat islamique ou d’Al-Qaïda ne l’animait, ni ne le finançait. Le site était dirigé par un seul homme, qui vit en Europe et qui est inscrit légalement sur les registres d’OVH et qui paie avec son propre compte en banque le serveur qu’il loue auprès du numéro 1 français. Aucun cryptage de données n’est utilisé, aucune combine, absolument rien, tout est transparent car il n y a rien à cacher. Je n’avais besoin que de 50 euros par mois pour faire tourner le site et lui donner une allure professionnelle, avec un certain succès d’ailleurs. Des journalistes professionnels m’ont même contacté pour me proposer des articles. Un photojournaliste palestinien de Gaza m’avait offert ses services lors de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, durant l’été 2014. Le nouvel Observateur a cité l’un de mes articles comme source dans la rédaction de l’un de ses billets sur la Syrie. Wikipedia a indexé plusieurs de mes articles comme « références sérieuses ». Bref, pendant près de 2 années, il n y a avait rien à redire. Personne ne trouvait le moindre argument pour démontrer notre illégalité. En 2 ans, j’ai attiré près d’un million de visiteurs uniques. Aucun n’a jamais trouvé élément à contester.

La pertinence des accusations de l’Etat français :

1. Site qui provoque au terrorisme :

Dois-je rire ou pleurer ! Imaginez-vous deux secondes. Un site internet créé en Europe, hébergé en Europe, financé en utilisant mes coordonnées bancaires officielles, avec ma carte d’identité à disposition de l’hébergeur, bref un site totalement transparent qui inciterait ou provoquerait à des actes de terrorisme. Je ne suis pas spécialiste du droit français, mais je sais ce qu’est la provocation au terrorisme, même s’il est difficile de déterminer les limites juridiques du concept. L’incitation ou la provocation au terrorisme n’a aucun sens pour moi, aucun intérêt. Je suis convaincu que mille mots sont plus efficaces que tout acte de violence. C’est ma conviction personnelle. Je n’ai pas étudié 5 années dans l’une des meilleures universitaires européennes pour en sortir « radicalisé » et « assoiffé de sang ». La meilleure manière de prouver cela est de citer un article que j’ai écrit début 2014. J’avais vivement dénoncé les propos d’un combattant en Syrie qui encourageait à commettre des attentats en Europe. J’avais souligné le danger de ce genre de message et ses conséquences néfastes sur la population musulmane en Europe, qui n’a vraiment pas besoin de ça en ces moments. Et cet article je l’ai écrit par conviction personnelle. Bref, appeler les lecteurs à commettre des attentats est impensable, cela dépasse tout bon sens.

2. Le site fait l’apologie du terrorisme :

L’apologie du terrorisme c’est d’abord et avant tout la volonté de montrer « sous un jour favorable » des actes de terrorisme, de les présenter comme « légitimes », voire « nécessaires ». En résumé, c’est défendre les actes de terrorisme commis et se féliciter de leur survenance. Rien, absolument rien, dans ce que j’ai écrit ne fait passer les actes terroristes sous un jour favorable ni ne les légitime. Et puis de quels actes de terrorisme parle-t-on ? Je n’ai pas écrit un mot sur la tuerie de Charlie Hebdo, pas un mot sur les décapitations de l’Etat islamique, pas un mot sur le jordanien brûlé vivant, pas un mot sur les soldats alaouites et chiites massacrés. Bref, j’ai sciemment évité les sujets polémiques qui pourraient être mal interprétés.

En outre, et contrairement à ce qu’avance le ministre de l’intérieur, je n’ai jamais diffusé la moindre vidéo de l’Etat islamique sur mon site. Je ne suis pas idiot. Si je publiai leurs vidéos officielles, je me ferai complice de sa diffusion. Serais-je inconscient à ce point ? Je sais distinguer le légal de l’illégal et je sais où s’arrête la liberté d’expression.

J’aimerai également attirer votre attention sur l’un des articles les plus influents que j’ai écrit. J’avais abordé la question des jeunes européens qui s’engageaient en Syrie pour mener le djihad. J’avais fait un appel public pour qu’ils n’aillent pas se faire tuer pour rien en Syrie dans une guerre qu’ils ne comprennent pas. Mais je ne leur ai pas conseillé d’oublier la Syrie. Au contraire, je leur ai rappelé que 10 millions de réfugiés syriens crèvent de faim et qu’ils feraient mieux d’aider ces réfugiés en récoltant des dons, par exemple, car ce sont eux qui ont le plus besoin de leur aide et non pas les militants de l’Etat islamique. Je crois fermement que les jeunes européens n’ont pas à s’engager militairement en Syrie. Je l’ai écrit, non pas pour faire plaisir aux autorités, mais simplement parce que c’est ma conviction profonde.

Mais alors sur quoi le gouvernement français a-t-il fondé son blocage ? Je pense que la raison est politique. Ma position peut choquer à partir du moment où je vise davantage les opposants de l’Etat islamique plutôt que lui-même. Le fait que je ne critique pas ce groupe constitue pour certain un indice de soutien. Mais cela reste une supposition. D’abord parce que l’Etat islamique n’a certainement pas besoin de moi pour leur propagande. Qu’il se débrouille tout seul, je ne suis pas prêt à me sacrifier pour lui. Et puis je considère que le principal danger en Syrie et en Irak ce n’est pas cette organisation mais c’est l’ingérence iranienne chiite qui profite du chaos pour répandre son influence. Les dirigeants occidentaux sont complices de cette ingérence mais elle les arrange volontiers puisque les Iraniens sont les seuls à accepter d’envoyer des soldats affronter au sol les hommes de l’EI. Que l’on se comprenne bien. L’Etat islamique constitue une menace certaine pour l’occident mais, selon moi, elle n’est rien comparée à l’Iran. En ressort de mes articles une charge sévère contre les chiites iraniens, contre les Kurdes, mais également contre la coalition occidentale en Syrie et en Irak. Autrement dit, je suis davantage « anti » que « pro ». Pour l’Etat français, « les ennemis de mes amis sont mes ennemis », visiblement.

Le journaliste David Thompson m’accuse d’être favorable aux djihadistes qui combattent en Syrie et en Irak. En fait, ma position de départ est simple : je suis radicalement opposé à Bachar al-Assad. Et comme dit plus haut, je suis davantage « anti » que « pro ». Mon opposition viscérale anti-Bachar laisse entendre un soutien à ses opposants, ce qui n’est pas nécessairement vrai. Je m’attaque uniquement à Bachar, et non pas à ses opposants.

Je pense donc que j’ai payé mon engagement politique à la fois contre l’interventionnisme militaire arabo-occidental et chiite dans la région et contre les groupes armés soutenus par les acteurs précités. Ce qui a fait dire au Monde que je suis contre la « propagande chiito-occidentale ». Absolument, je me décris comme un opposant de la propagande chiito-occidentale et il me semble que cela est mon droit de l’être, quitte à ulcérer certains. Être contre cette propagande n’est pas illégal. C’est même la règle du jeu. Cela ne signifie pas non plus un anti-occidentalisme primaire. Les va-t’en guerre aux commandes des Etats occidentaux ne représentent pas l’occident dans sa globalité.

Je suis parfaitement conscients que mes articles ont pu déranger voire même choquer mais il y a une exagération dans ce blocage. Savez-vous qu’il existe des sites qui diffusent du contenu de l’Etat islamique et qui sont toujours libre d’accès en France ? On dira qu’ils sont maintenus ouverts pour les surveiller. Mais je pense que cela cache surtout une autre réalité : l’Etat français ne peut pas s’attaquer aux gros sites par un simple blocage administratif. Il sera pointé du doigt par tout le monde et sera attaqué en justice par les hébergeurs. Mais en revanche bloquer un petit site comme le mien, il l’a fait directement car il savait pertinemment que personne ne s’en rendra vraiment compte et que je n’aurai pas les moyens de leur tenir tête. De plus, personne ne s’indignera. Il a eu raison.

Comme dit en préambule, islamic-news.info c’est fini. Le mal est déjà fait. L’étiquette du « terrorisme » a été déposée et personne ne pourra l’enlever même pas la décision d’un juge. La page Facebook a été supprimée sans aucune raison. Mon compte Facebook personnel est vide, je n’ai jamais rien publié et pourtant il a été supprimé. J’ai fait un appel auprès de Facebook. J’attends leur réponse.

Pour finir, un aspect technique. Le site n’est pas supprimé. Le serveur est simplement down car je n’ai pas réglé à temps la facture. Aussi simple que cela.

 

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Parlez-moi de vous…

À cette demande de Tambour Major, je me suis rappelé de ce film que j’avais beaucoup aimé.  Je me suis dit aussi que de répondre à cette demande, sans détour, pourrait aussi être amusant. Je me lance et je vous laisse en faire autant, en commentaire ici ou bien sur un billet de blog ou de réseau social autre part.

1/ Aimeriez-vous être votre femme / votre mari ?

Être mon époux voudrait dire ne plus être moi, mais être lui. Ce serait détruire la belle relation que nous avons entamée il y a bientôt 6 ans. Il en est hors de question.

2/ Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer ?

Un mec que j’ai croisé alors que je faisais de la radio il y a un vingtaine d’année. Un mec aux allures sympathiques, qui m’a séduit pour mieux me passer au rouleau-compresseur. Ou comment rencontrer pour la première et dernière fois un pervers narcissique.

3/ Aimeriez-vous posséder la mémoire absolue ?

L’Homme n’est pas parfait. Il faut savoir parfois pardonner, parfois oublier. Ce qui est incompatible avec la mémoire absolue.

4/ Quel mort aimeriez-vous revoir ?

Mes deux grands-pères que j’ai finalement assez peu connus, voire trop peu pour l’un d’eux. J’étais trop jeune et con quand ils sont partis, ils auraient sans doute pu m’apprendre.

5/ Auriez-vous préféré appartenir à une autre nation (culture) et laquelle ?

Je pense que j’aurais pu apprécier appartenir au continent Africain. Une vie, reclus au fond d’une tribu perdue d’Afrique, m’aurait sans doute plu.

6/ Quel âge aimeriez-vous atteindre ?

Au moins 100 ans, pour voir ce que le Monde sera devenu et pouvoir répondre des choix et des actes de ceux de ma génération qui l’auront immanquablement abîmé.

7/ S’il vous arrive de vous imaginer n’être pas né, cette idée vous trouble-t-elle ?

Non, pas du tout. Pas né, je n’aurais tout simplement pas à me poser cette question. Ce n’est pas comme s’il s’agissait de disparaître, juste de n’avoir jamais existé. D’autres auraient alors pris ma place, naturellement.

8/ Quand vous pensez à des personnes décédées : souhaiteriez-vous que telle personne vous parle ou préféreriez-vous lui dire encore quelque chose ?

Non, je laisse les morts là où ils sont. J’ai rarement de regrets, encore moins de remords. Ce qui n’a pas été fait, ce qui n’a pas été dit, doit rester ainsi. Et si je ne me suis pas réveillé plus tôt, à moi d’en assumer les conséquences.

9/ Aimez-vous quelqu’un ?

Oui, bien entendu. Plusieurs personnes, même.

10/ Et qu’est-ce qui vous amène à cette conclusion ?

La pensée que de ne plus pouvoir partager du temps, des mots, des idées avec des personnes intimes me serait extrêmement douloureux. L’enfer, c’est les autres, mais sans les autres, l’Homme ne pourrait pas être un être social et ne serait jamais arrivé là où il en est.

11/ A supposer que vous n’ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n’en soyez jamais arrivé là ?

Parce que personne n’est parfait et que, même en commettant le pire, personne, absolument personne, ne mérite qu’un autre lui ôte volontairement la vie. On ne peut pas répondre à la cruauté par la barbarie, ça ne fonctionne pas.

12/ Quel espoir avez-vous abandonné ?

Aucun, j’ai besoin de vivre.

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