L’Islam sans extrémistes

Au hasard d’un tweet, j’ai croisé le Dr. Safdar DushanTappeh, auteur de Simple Islam. Et plus particulièrement un de ses textes publié en août 2014, bien avant le mouvement historique de janvier 2015 qui a donné un rendez-vous universel à tous les peuples du monde. Il y est question de d’Islam, d’érudits, d’Hadith, de Coran. Un texte court qui met en relief le détournement de la religion islamique par une frange minoritaire de Musulmans. Un texte qui n’est pas sans rappeler aussi des similitudes avec d’autres religions, Catholicisme en tête, historiquement lié à la France. La traduction française qui en était faite n’était pas de très bonne qualité, j’en ai proposée une alternative à l’auteur que je reproduis ici. En espérant contribuer bien modestement à redresser la vision biaisée que certains de mes concitoyens ont des musulmans et mettre un terme à l’amalgame entre une religion de paix et l’expression de son exact contraire sous la forme du terrorisme.

L’Islam sans Extrémistes

De temps à autres, l’actualité se fait écho de groupes radicaux, de Musulmans extrémistes qui massacrent des personnes et commettent les crimes les plus inimaginables au nom de l’Islam. L’État islamique est un exemple récent. Si vous demandiez à ces personnes les raisons pour lesquelles ils commettent de tels actes odieux et les considèrent pourtant comme des commandements de Dieu, ils vous répondraient qu’ils font confiance à un érudit musulman et qu’ils reçoivent les commandements de Dieu à travers lui. Sur la base de cette confiance, ils considèrent les commandements de l’érudit équivalent aux commandements de Dieu et suivent aveuglément les instructions de l’érudit afin de rendre Dieu heureux. Toutefois, cette méthode ne s’apparente-elle pas trop à de l’idolâtrie, l’exact opposé du message principal de l’Islam qui est de ne croire en personne sinon Dieu ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment ce précepte avec un message on ne peut plus clair a-t-il débouché à son exact opposé ?

Dans l’article « Croyance vs. Confiance », nous avons montré que, comme dans toutes les religions modernes et dans la compréhension actuelle de l’Islam, croire en Dieu est interprété comme faire confiance à un pack religieux prêché par des érudits religieux locaux. Après avoir analysé les racines d’une telle interprétation dans toutes les religions, l’article montre que l’élément clé qui légitime l’incorporation de la confiance accordée à des érudits dans la pratique de l’Islam est de considérer l’Hadith comme un pilier de l’Islam. L’Islam actuel mélangé avec l’Hadith est devenu si compliqué que ça laisse un Musulman ordinaire sans réponse, sinon de chercher l’avis d’experts (ou d’érudits) de l’Hadith à propos de « ce que dit l’Islam ». L’obédience aveugle crée un potentiel pour les extrémistes : si l’érudit religieux est extrémiste, ceux qui le suivent aveuglément appliquent aussi l’extrémisme au nom de la religion.

Ensuite, dans l’article « L’Islam sans l’Hadith », nous dressons le pour et le contre de l’Hadith dans la pratique actuelle de l’Islam et nous démontrons qu’en éliminant l’Hadith, non seulement nous ne perdons aucune des valeurs islamiques fondamentales mais il nous est possible de redécouvrir l’Islam Simple, la religion qui nous guide vers rien d’autre que des actes raisonnables et beaux. Dans l’Islam Simple, libérée de la complexité de l’Hadith, il n’est fait aucune place pour que des érudits religieux conduisent ceux qui les suivent aveuglément à de tels incroyables crimes. Dans l’article « Portée » nous revisitons ensuite quelques uns des sujets controversés du Coran, tels que l’esclavage ou le droit des femmes, et observons un Coran très différent de ce que les érudits ont prêché pendant des années.

D’autres textes à retrouver ici : http://simpleislam.weebly.com/

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Ce jour où j’ai décidé de fuir la capitale

Paris. C’était au tout début des années 2000. À l’époque, je bossais à deux pas de la station Notre-Dame de Lorette. Matin et soir j’arpentais les quais de cette station. Je me souviens de ce virage serré en sortie de station et de ces rames qui font hurler leurs roues sur l’acier usé des rails. De cette odeur particulière, mélange de crasse, d’humidité stagnante qu’on pourrait croire sortie d’une bouche d’égout cachée derrière un distributeur de friandises, de la pollution stagnante, réchauffée au rythme des rames qui marquent l’arrêt. De ce mauvais éclairage qui donnait encore plus sale mine aux visages tristes des parisiens, pas encore réveillés aux premières heures de la journée, aux traits tirés alors que la soirée n’a pas encore commencé. De ces attentes, parfois longues, ou personne ne se parle, station debout avant de disparaître par la première rame, dans le silence de la solitude. Silence brisé parfois par un sans domicile fixe, révolté contre cette société de merde qui ne le comprend plus, qui ne l’entend plus. Et il y a eu ce jour qui a ponctué la routine, ma routine, qui m’a définitivement marqué l’esprit, qui a influencé mon futur.

Ma journée de boulot et mes collègues étaient déjà derrière moi, je retrouvais l’atmosphère pesante de la ligne 12, prêt à affronter le flot abondant de voyageurs qui me rejoindraient à Saint-Lazarre pour filer, comme moi, vers le Sud de Paris. J’étais pressé de pouvoir m’enfermer dans ma bulle, dans le calme de mon appartement au 4ème étage de la rue de Vaugirard. Loin du tumulte de cette ville où airent des personnes tristes et fermées. Un début de soirée comme les autres. La routine, quoi.

Enfin le crissement d’une rame de métro dans l’obscurité du tunnel. Encore quelques instants puis les phrases, le conducteur, l’odeur de la rame qui m’enveloppe dans son courant d’air, le bruit des freins, celui des portes qui s’ouvrent. Répétitions inlassables du quotidien. Des voyageurs descendent et sort à quelques portes de moi un homme bedonnant, crasseux, la barde et les cheveux à l’abandon. La marche entre la voiture et le quai est devenue un obstacle infranchissable sous l’effet de l’alcool qui coule dans ses veines. Immanquablement, c’est la chute. Une lourde chute. La tête la première contre le sol enrobé de la station.

Les voyageurs qui, comme moi, attendaient sur le quai s’engouffrent dans la rame qui sonne déjà la fermeture des portes. Comme si rien ne s’était passé. Comme si cet homme allongé, hagard, à même le quai, était transparent. Comme s’il n’existait pas, comme s’il n’existait plus. Comme si ces hommes et ces femmes pressés refusaient qu’il puisse, ne serait-ce que quelques secondes, quelques minutes, venir troubler davantage leur petite existence bien réglée. Les quelques voyageurs qui étaient, eux, descendus avaient dû s’échanger le mot en croisant ceux qui montaient, prêtant un regard curieux et distant à cette forme allongée. Des bruits de pas pressés, le bruit de la rame déjà en mouvement et déjà presque plus personne dans la station.

L’homme reprend tant bien que mal ce qui lui reste d’esprit, à quelques centimètres du bord du quai. Une situation périlleuse où un mauvais mouvement aurait pu le faire basculer définitivement sur les rails électrifiés du métro et mettre un terme prématuré à sa triste existence dans l’indifférence la plus totale. Finalement une femme restée sur le quai va vers lui, je la rejoins. Nous mettons l’homme en sécurité, à distance raisonnable de la bordure du quai. Il a une plaie rouge vif qui coule sur le front et une perle de sang à la lèvre. Le chef de station est appelé et prend le relais. Les secours arrivent et emmènent l’homme.  Je suis abasourdi par tant d’indifférence.

La suite, je ne m’en souviens plus vraiment. Choqué par l’égoïsme de tous ces anonymes dont l’inaction aurait pu coûter une vie, celle d’un être humain, j’ai finalement attrapé une rame pour rentrer chez moi, redevenir anonyme comme les autres. C’est ce soir là que j’ai décidé que, définitivement, il me fallait quitter Paris. Quitter les parisiens. Fuir loin de cette zone à l’humanité sinistrée.

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(Re)bonjour tout le monde !

Mon précédent blog s’est arrêté en mai 2011. Soudainement. Attaqué dans ce qui m’est cher : la libre pensée, la libre parole. Déstabilisé par le passage dans un bureau de palais de justice. Démotivé à l’idée qu’on puisse me reprocher des mots qui gênent.

Les événements à l’aube de 2015 me donnent envie de reprendre la parole. D’ouvrir à nouveau mon écran. De prolonger sous mes doigts, jusqu’ici, mes réflexions pour les libérer et leur laisser libre cours. Poser des mots sur ce que je pense tout en pansant les maux qui restent de mes précédents écrits.

Aussi, je vous le dis : je suis là. Heureux d’être là ! À nouveau…

 

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